Cycle de rencontres d’auteurs vivants et de découverte des écritures contemporaines pour la scène (lectures, cartes blanches, débats…)
Depuis 2005, les compagnies Les 198 os et Tabula Rasa, associées sous le nom de Mauvaises Herbes, proposent un programme joyeusement diversifié de lectures et de rencontres autour des écritures contemporaines pour le théâtre.
En marge des programmations théâtrales officielles, ce collectif s’est avant tout constitué sur la nécessité de redonner toute leur place aux auteurs, de faire entendre leurs paroles contemporaines, qui questionnent notre monde et l’écrivent autrement, et d’organiser leur venue à Toulouse pour des confrontations et des échanges.
Le principe est simple : chaque auteur est invité à résider trois jours à Toulouse à la rencontre des publics (dans les classes, bibliothèques, librairies, ateliers…), et au terme de cette présence « événement » dans la ville, une soirée est organisée à l’espace Croix-Baragnon en deux temps : lecture de l’un des textes de l’auteur invité par les acteurs-lecteurs des Mauvaises Herbes et une carte blanche laissée en deuxième partie de soirée à l’invité…
On se souvient des soirées avec Jacques Rebotier, Koffi Kwahulé, Enzo Cormann, Pauline Sales, Samuel Gallet, Sonia Chiambretto, Christophe Hyusman, Magali Maugel, Marie Dilasser, Ivan Viripaev, Ahmad Ghazali, Virginie Barreteau… Ces soirées extravagantes dans la salle bleue « à la rencontre de… » sont désormais des rendez-vous obligés pour les curieux de la création contemporaine et les amateurs d’inattendu et de surprise.
Saison 2011-2012
Cette saison sera marquée par la création à Toulouse d’un Comité Mauvaises Herbes : comité de lecture composé de metteurs en scène, d’acteurs, de dramaturges, de personnalités venant d’horizons plus divers ou de simples curieux… réunis autour d’une vive curiosité et d’un même appétit pour ces écritures contemporaines qui regardent le monde dans lequel nous vivons.
En amont des Soirées Mauvaises Herbes, ce comité construira, après lectures et discussions, le programme des rencontres. Il lancera des invitations aux auteurs et à des artistes d’ici ou d’ailleurs qui nous les feront connaître.
Nouveauté également : certaines des soirées seront proposées « hors les murs » en partenariat avec d’autres structures culturelles toulousaines (Théâtres, Conservatoire, Musées…) ou même des lieux de la ville plus inattendus et surprenants, propices à nous faire entendre d’une manière inouïe nos contemporains.
PROGRAMME D’OCTOBRE à DÉCEMBRE 2011
MERCREDI 5 OCTOBRE 2011
Espace Croix Baragnon | Salle Bleue
À LA RENCONTRE DE … STEFANO MASSINI | ITALIE
« Je me limite à raconter des faits. Les faits : tels qu’ils se produisent, tels qu’ils sont.
Ça peut paraître la chose la plus simple, ici, c’est la plus difficile. Et ça coûte un prix fou. »
Comme Fausto Paravidino ou Mimmo Borelli, Stefano Massini est l’un des brillants représentants de la nouvelle génération de dramaturges européens. Il vit et travaille à Florence comme auteur indépendant et metteur en scène.
Il a écrit une dizaine de pièces qui ont reçu de nombreuses récompenses dont en 2005 le Premio Pier Vittorio Tondelli, le plus important prix de dramaturgie contemporaine en Italie. Il a également traduit en italien des pièces de Shakespeare et adapté pour le théâtre des romans et des récits.
Femme non-rééducable est son premier texte traduit et publié en France chez L’Arche Editeur. Dans une langue radicale, Stefano Massini écrit un glaçant mémorandum théâtral à propos d’Anna Politkovskaïa basé essentiellement sur les actes et les écrits de la journaliste russe, la seule à avoir couvert la guerre en Tchétchénie. Loin de céder à une traversée affabulatrice, c’est bien la lame acérée du témoignage qui conduit le récit.
Il est aussi question de théâtre : quand la parole est muselée, quelle échappatoire reste-t-il face au silence ? Quel rôle l’écriture théâtrale peut-elle encore jouer quand on sait que, dans le temps de la représentation, l’enfer continue ?
MERCREDI 9 NOVEMBRE 2011
Espace Croix Baragnon | Salle Bleue
À LA RENCONTRE DE … AHMED GHAZALI | MAROC – CATALOGNE
« Le Gouverneur- Ash galou el franciss ?
Aide 1- Le Monde : À qui appartient le riad ? Au juif Simon ou à la veuve Daouia ? La question israélo-palestinienne transposée au Maroc. »
Le dramaturge marocain Ahmed Ghazali est, depuis deux ans, un invité récurrent des soirées Mauvaises Herbes. Pour la troisième fois, il vient partager avec le public de Croix-Baragnon l’avancement de l’écriture de son prochain texte, Le Déclin du monothéisme. Ces rendez-vous ont permis au metteur en scène Sébastien Bournac de développer une véritable complicité avec l’auteur.
Placer la scène du théâtre et le langage dramatique au cœur du multiculturalisme et de la diversité linguistique de notre temps, tel est le chantier artistique de ce compagnonnage. Imaginer, expérimenter et donner corps à un théâtre qui transcende la frontière.
Ici, grâce à une fable théâtrale moderne qui témoigne douloureusement de l’épreuve migratoire, de l’exil, dans notre passé récent, qui met en scène des déracinements et des déplacements culturels et les confrontations qui en découlent, et qui questionne de manière brûlante l’avenir des sociétés arabes, il est possible d’imaginer une forme théâtrale qui manipule les langues et les imaginaires culturels tant dans la forme (polyphonique) que dans les contenus (interculturalité).
Tout commence dans la Médina de Fès, avec ses ruelles étroites et labyrinthiques, ses toits, ses places…
Cette soirée est proposée dans le cadre du compagnonnage entre Ahmed Ghazali et la compagnie Tabula Rasa [2011-12]. Avec l’aide du Ministère de la Culture et de la Communication.
LOGO D.G.C.A.
MERCREDI 7 DÉCEMBRE 2011 HORS LES MURS !
Centre Social d’Empalot | 38, avenue Jean Moulin – 31 400 Toulouse | Métro Empalot
À LA RENCONTRE DE … ALEXANDRA BADEA | FRANCE - ROUMANIE
« Derrière ces murs il y en a d’autres, et d’autres et d’autres. Les seuls murs dont je peux m’évader sont mes murs. Ma chair. Évader de ma chair. Ça te dit ? Tu viens ? Let’s go ! »
Alexandra Badea est née en Roumanie en 1980. Elle n’est pas une émigrée. Elle n’a pas été forcée de quitter son pays. Elle fait partie, parmi la jeune génération, de tous ceux et celles qui cherchent l’endroit qui leur est le plus adapté. Une génération nouvelle née d’une Europe qui grandit et prend forme, avec les douleurs qu’on sait.
Le regard qu’elle porte sur notre société a la particularité d’en faire ressortir toutes les incohérences et les inepties avec un humour mordant. Ici et maintenant, elle veut saisir l’agitation humaine dans tous ses prolongements pour lutter contre le déni et l’avenir d’une illusion. À l’instar des représentants d’un théâtre apatride, sa vie d’itinérante cherche à s’exprimer par l’écriture. Si elle a choisi d’écrire directement en français, c’est parce que la France fait partie de ses théâtres de combat.
Contrôle d’identité, son premier texte publié en France par L’Arche Editeur (avec deux autres : Mode d’emploi et Burnout) livre les désillusions, questionnements et déboires d’un réfugié politique qui, acculé au rôle de l’étranger et de l’irrégulier, se heurte à une administration et à la brutalité de l’exclusion. Il restitue les paroles nues, crues, abruptes d’instants volés à la détresse, au désarroi, à l’intimité glacée des peurs.
La saison Mauvaises Herbes continue en 2012…
Réservez dès à présent vos prochaines soirées Mauvaises Herbes à la salle bleue et hors les murs pour la deuxième partie de saison de janvier à avril 2012 :
mercredi 18 janvier, mercredi 29 février …
Retrouvez-en le programme détaillé (les auteurs invités, textes coups de cœurs, lectures, rencontres…) à partir de décembre à l’Espace culturel Croix-Baragnon et sur www.toulouse.fr
© V.Baes
