Fallait rester chez vous, têtes de noeud Haberos quedado en casa, capullos
2004
de Rodrigo García
Traduction Cristilla Vasserot
Création bilingue / creacion bilingë
Imagine
Un aquarium, lieu d’expérimentation.
4 individus peu recommandables y assaillent l’Enfant, coryphée du chœur de spectateurs musés…
« Fallait rester chez vous, têtes de nœud »
Paroles de cauchemars : raclées, illusions, désillusions, trahisons...
« C’est toujours la même chose, ce qui est bon pour les uns porte préjudice aux autres ».
Tout semble prévisible.
Sauf leurs commandements :
« Tu ne tiendras pas compte des autres. »
« Tu n’écouteras pas ta raison car la raison n’est rien d’autre que la domestication des pulsions les plus élémentaires. »
Une dialectique !
Raisonnement irrationnel pour explorer les limites de leurs savoirs, de leurs mémoires, de leurs souffrances, de leurs échecs et utopies.
Les voix prennent corps.
Ils manipulent leurs propres représentations et images.
Les 4 voix se mêlent. S’en mêlent.
Jusqu’à saturation.
Pour tuer l’enfance.
Un effroi.
« Mon corps pleure et il n’y a pas de mots. »
Un espace clos où les langues se délient.
Rodrigo García donne la parole à l’origine, à l’Être né de …, à l’enfance qui dégouline toute une vie sur le costume de chaque adulte que nous sommes.
L’adulte/parent garant d’une idéologie discursive, de l’organisationnel, d’une éducation par la violence physique, héritage d’une enfance.
L’adulte/éducateur qui pousse à l’exclusion du groupe éducatif, à la marginalité par le délit.
L’adulte/enfant qui ne peut se taire, qui essaye de changer de cap, qui tente d’être entendu.
L’adulte/scientifique qui pousse l’expérimentation jusqu’au sacrifice humain.
Et enfin, l’enfant/coryphée, porteur du silence, parce qu’innocent, témoin démuni dont l’unique riposte est cette parole :
Cinq avertissements d’un danger latent.
Un détournement d’Idées où la raclée est dialogue, penser avec la tête d’un autre une pratique et où toute personne attend et-ou prépare une trahison.
Éclairs masculins et féminins, brusques manifestions de souvenir de souffrance et de barbarie, de pensée et de tentative de vie. Ces êtres obsessionnels et peu recommandables parlent de leurs tortures reçues et de leurs pulsions d’en infliger à leur tour. Ici est dévoilée la perversion de certaines de nos relations humaines. Non pas pour en faire l’apogée, mais pour nommer un dilemme face auquel nous sommes confrontés : être d’accord de ne pas être d’accord et pourtant ne rien faire, ou si peu…
Ces héros tragiques, violents évoluent dans un univers propice à la confession, à l’exaltation de leurs passions. Ils nous dévoilent l’intensité de leurs goûts, de leurs passions, fruit de l’éducation ; et la difficulté à y résister. Ces Hommes aux sincérités successives et paradoxales nous effraient et nous épuisent par leurs violences et souffrances.
Ils se rêvent d’être un autre.
« Aucun de nous ne peut s’empêcher d’être ce qu’il est et de se conduire comme il se conduit » Spinoza
Dispositif Une structure translucide en écran de diffusion. Une maison. Une cour d’école. Une chambre. Un aquarium. Un amphithéâtre d’expérimentations. Deux espaces. Un intérieur en forme de sablier incluant scène et salle. Un extérieur pour le manipulateur.
L’enfant. Il est le coryphée du chœur de spectateur muet.
Cinq moniteurs. 1 moniteur hors structure, l’extérieur manipulateur : l’expérimentateur. 4 moniteurs dans le public (deux de chaque coté). La vidéo. Du directe et du différé. Fiction et Réalité. Dans une intimité. Capter les moments qui nous rapprochent de ce déséquilibre existant entre nous et notre représentation. Raconter cette perte de réalité.
Production À l’automne 2003, la Cie poursuit son travail dans l’univers de Rodrigo Garcia et part en résidence en Espagne dans le cadre du programme européen Interreg III A, pour un chantier sur Fallait rester chez vous têtes de nœud.
Ce chantier est présenté au Jai Alai à Huesca – Aragon et en collaboration avec le Théâtre National de Toulouse, au Théâtre de La Digue, dans le cadre du Festival « Mira ! » 2004.
Distribution Mise en scène Virginie Baes | Scénographie Pierre Heydorff | Son Georges Malka | Vidéo Stéphane Henry | Avec Françoise Ostermann, Laurent Pérez, Olivier Chombart et Sergio Lopez.
© V.Baes





